UFC : Le guide pratique

C'est en novembre 1993 que le monde a entendu parler pour la première fois de l'Ultimate Fighting Championship (UFC). Ce qui était alors un spectacle barbare, et annoncé comme des bastons ne pouvant se terminer que par « un KO, la soumission ou la mort », est devenu une industrie pesant des milliards. L'UFC est désormais une organisation produisant de brillants athlètes et qui signent des chèques énormes avec des chaînes pour sa diffusion. Elle a aussi des partenaires qui s'appuient sur sa popularité auprès de la jeunesse.

L'UFC et son ring Octagon (une marque déposée, ndlr) ont conquis la planète entière. Ses combattants sont tout aussi connus que les meilleurs boxeurs du monde entier. La discipline fait partie de la culture populaire et des icônes comme Conor McGregor et Ronda Rousey ont dépassé le cadre des Arts Martiaux Mixtes (MMA) pour entrer au panthéon du sport et du spectacle.

Tout comme les athlètes qui se battent dans la cage sont des produits uniques de l'UFC, il est compliqué d'imaginer une ligue ou une organisation comme l'UFC sans un Dana White à sa tête.

Le président est en mode pitbull quand il est énervé où qu'il doit défendre ses intérêts, il n'est pas le dernier pour lâcher quelques insultes... même quand il est heureux. Cette liberté a fait de lui un personnage à part entière dans la communauté du MMA. Et quelle que soit la controverse qu'il va amorcer, cela fait de lui un incontournable de ce monde.

La force de la marque UFC repose sur un mélange entre le spectacle violent non édité d'un combat et la mise en scène qu'il y a autour. De l'émotion sans filtre, de la simplicité et du show à l'américaine... pour le plaisir des yeux et de la foule. Mais, derrière le slogan simple de « C'est juste de la bagarre » qui impliquerait que tout est permis, il y a de la complexité dans les règles pour les novices.

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Voici ce que vous devez savoir si vous débarquez dans le monde de l'UFC.

Les Règles

Depuis 2000, l'UFC suit les règles unifiées des Mixed Martial Arts (MMA), un corpus de règles adopté par les commissions d'associations de boxe. Ces commissions locales gèrent les événements organisés à proximité sauf dans le cas où il n'y en a pas. A ce moment là, l'UFC prend la responsabilité en adhérant à ces règles unifiées.

Les combats se déroulent donc tous sous le même format avec 3 rounds d'une durée de 5 minutes. L'exception vient des combats pour le titre, des événements appelés « Main Events », qui durent 5 rounds de 5 minutes.

Les combats sont observés par trois juges qui utilisent un système permettant d'accorder 10 points par round. Le vainqueur de chaque round reçoit 10 points (à moins qu'il ait brisé une règle) et le perdant en prend 9 ou moins s'il a été compté par l'arbitre ou largement dominé. Dans le cas où il y a de l'indécision, les juges sont autorisés à accorder 10 points aux deux adversaires.

Si personne n'est victime d'un knock-out ou soumis avant la limite, les cartes des juges sont recomptées et un vainqueur est déclaré. Si trois juges désignent le même vainqueur, la décision est unanime. Une décision partagée indique qu'au moins un des trois juges n'a pas vu le même vainqueur que ses collègues. Un match nul est possible si le total des points ne départage personne...

Les règles de l'UFC tendent à se concentrer sur les interdits durant le combat. Un des deux athlètes n'a pas le droit de:

- mordre

- mettre un coup de tête

- presser les yeux de son adversaire

- tirer les cheveux

- placer un ou des doigts dans la bouche ou le nez de son adversaire

- attraper la clôture avec ses pieds ou ses orteils

- frapper l'aine

- donner un coup de coude de bas en haut (12-6 elbow)

- donner un coup de genou ou un coup de pied dans la tête d'un adversaire au sol

- manipuler les mains ou les pieds d'un adversaire

- Bloquer et utiliser son adversaire pour lui faire frapper sa tête ou sa nuque contre le sol ou la clôture

La liste des infractions possibles est un peu plus longue, il est interdit de pincer par exemple, et plutôt très détaillée. La vérité c'est que vous avez le droit de donner un coup de pied dans la tête à un adversaire, vous pouvez lui tordre le genou jusqu'à ce qu'il se brise ou encore réaliser des étranglements qui vont lui couper la circulation sanguine vers le cerveau... mais pincer non !

Les fautes peuvent entraîner des avertissements, la déduction de points et enfin la disqualification... cela à l'appréciation de l'arbitre.

Les rencontres sont organisées en différentes divisions établies selon le poids des combattants. Il y a une pesée quelques jours avant l'affrontement, ce qui pousse certains dans un processus de déshydratation extrême afin de tomber sous la limite pour la balance. Une fois que la pesée officielle a eu lieu, le combattant commence alors à se réhydrater... de quoi prendre place dans la cage 24 ou 36 heures après en pesant plusieurs kilos de plus.

Quand il n'y a pas de titre en jeu, un écart de 454 grammes au-dessus du poids de référence est autorisé. Cette tolérance n'existe pas pour les combats avec une ceinture au bout.

Si un combattant n'arrive pas à faire le poids, son opposant a le droit de choisir de ne pas se battre contre lui. S'il décide quand même de participer à l'affrontement un montant compris entre 20 et 30% de la bourse financière du fautif lui sera transféré.

KO et Soumissions

Les victoires par knockout ou par soumission construisent les réputations des combattants dans l'UFC. Ces derniers peuvent aussi arrondir leurs fins de mois lors de chaque réunion puisqu'un bonus de 50 000 $ est souvent attribué comme récompense pour la « Performance de la soirée ».

Le knockout (KO) reste le moment le plus viscéral de ce sport. Coup de poing, coup de genou ou coup de coude... un homme (ou une femme) qui tombe à terre, cela ne nécessite aucune explication. Tout le monde comprend ce qui se passe à un niveau instinctif.

Parlons donc du KO Technique (TKO). Il arrive quand un combattant n'arrive plus à se défendre contre les attaques incessantes de son adversaire. L'arbitre doit arrêter l'avalanche de coups et mettre le combat en pause pour protéger la santé de la victime. Ces fins de combat sont parfois frustrantes car le combattant arrêté rage souvent et se sent capable de continuer mais elles empêchent les blessures graves et irréversibles.

En 2013, pour ses 20 ans, l'UFC a publié un Top 20 des meilleurs knockouts. Cette sélection montre bien la variété de ce que pouvez voir dans la cage.

Au contraire des coups et des frappes que personne n'a besoin d'expliquer, comprendre la subtilité du travail au corps en MMA peut prendre du temps. La lutte et le Ju Jitsu sont des disciplines qu'il fait bon maîtriser dans l'Octagon. Le style du Brésilien Royce Gracie était très inspiré du Ju Jitsu et il fait partie des combattants qui ont mis l'UFC sur la carte des disciplines de combat. Malgré une apparence ordinaire, il avait gagné 11 fois (pour 1 défaite) lors des premiers événements organisés par l'UFC.

Pour soumettre son adversaire, il faut attaquer ses bras, ses jambes et son coup pour le saisir. L'idée est de tenter de casser une articulation ou d'étrangler son adversaire jusqu'à ce qu'il n'ait plus comme alternative que d'abandonner en l'indiquant à l'arbitre par une légère tape... ou de faire une petite sieste et de perdre le combat en étant inconscient. Les Américains utilisent la formule « tap, snap or nap » pour décrire ce moment ou un combattant est coincé.

Armbar, kimura, choke, étranglement guillotine, crochet. Un combattant doit d'abord se positionner avant de pouvoir finir le combat par soumission. C'est pour cela que vous entendrez probablement souvent les commentateurs déclarer « position avant soumission ». Comme au poker, tenter de soumettre son adversaire sans avoir la position préférentielle peut s'avérer plus facile à dire qu'à faire durant un affrontement, et vous faire passer d'attaquant à défenseur.

Voici une sélection des soumissions légendaires de l'histoire de l'UFC. Bienvenue dans l'art des gentils, celui de la lutte :

Les meilleurs combattants maîtrisent les subtilités qui permettent de passer de l'affrontement direct au combat au sol, l'UFC est un sport de combat très complet et complexe. Mais au-delà de la force pure et de la violence, un combat reste un combat et les hommes le comprennent et sont irrésistiblement attirés.

Dana White reprend les mots du spécialiste de boxe Max Kellerman pour expliquer l'attraction qu'exerce l'UFC depuis l'entame du 21e siècle : « Prenez quatre coins de rue. Au premier on joue au baseball, sur le deuxième il y a une partie de basketball en cours et au troisième une partie de street hockey. Au dernier coin, une bagarre se déclenche. Où va aller la foule ? Ils vont tous aller voir la bagarre. »

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