Les meilleures universités... pour apprendre le poker

Le poker est un jeu facile à apprendre, à tous les âges de la vie. La plupart des joueurs les plus reconnus de la planète ont pourtant souvent un point en commun, ils ont appris le jeu durant le lycée et encore plus souvent à l'université.

Ce sont des années de formation après tout ! Quand un jeune quitte la maison pour apprendre, il découvre la vie mais aussi souvent les différents chemins d'une carrière professionnelle. C'est là que les jeunes adultes font des choix (amis - relations amoureuses - expériences qui changent la vie...) qui les suivront longtemps.

Spécificité du monde anglo-saxon, la vie de campus amène les étudiants à avoir de nombreuses interactions en dehors des heures de classe... et les cartes font partie de cette envie de socialiser. Il n'est pas rare de découvrir qu'un joueur pro s'est rendu compte de son talent puis s'est mis sérieusement aux cartes à cette époque... avant donc de transformer sa passion en un job à plein temps.

Voici quelques exemples de bons joueurs pour lesquels les années à l'université ont été d'une importance capitale dans leur rapport au jeu.

Les écoles du Texas, Tex Dolly et la Hardin-Simmons University

Avant de devenir le parrain du poker moderne et un joueur respecté qui a traversé le temps et les modes, Doyle Brunson était un athlète. Il se débrouillait en athlétisme et se rêvait un futur dans le basket-ball. Après quelques années brillantes sous les panneaux d'Abilene, Doyle commençait à rêver de NBA.

Une blessure lors d'un job d'été a mis fin à sa carrière prometteuse. Brunson a alors terminé son cursus avant d'enchaîner avec un gros diplôme à Hardin-Simmons. « En terminant mon Master, j'ai commencé à jouer au poker un peu plus sérieusement car j'étais sans le sous », explique-t-il dans « The Godfather of Poker ». « J'avais pas mal d'amis dans toutes les universités de l'Etat -- Texas A&M, University of Texas, Texas Tech -- et il y avait toujours des week-end poker dans les dortoirs », ajoute-t-il.

De quoi commencer une éducation sérieuse tout en gagnant quelques dollars. Brunson a continué son apprentissage dans les parties underground de Exchange Avenue, cette période à bouger dans le Sud constituant pour lui une sorte de diplôme moins reconnu mais validant à l'université de la vie.

Brunson parle d'une « aide financière » quand il évoque ses gains de l'époque, il insiste aussi beaucoup sur ce qu'il a appris pour façonner son destin. « J'utilisais le jeu comme un levier pour me préparer à une vie différente », termine-t-il.

L'University du Wisconsin pour le Poker Brat

Phil Hellmuth a souvent raconté son histoire et la place des parties universitaires dans son parcours d'amoureux du poker. Le Poker Brat a enchaîné les parties à l'Université du Wisconsin au début des années 1980. C'est là que ce grand débutant a été introduit à la variante qui va tout emporter sur son passage, le no-limit Texas hold'em.

Phil Hellmuth en parle dans son autobiographie « Poker Brat », et raconte qu'à l'époque, lui et ses amis jouaient à un jeu qu'ils appelaient le No-Limit Pineapple, ce jeu étant en fait du NLHE.

C'est durant le second semestre de la troisième des quatre années de lycée qu'Hellmuth a commencé à comprendre l'importance de la stratégie et de la patience. C'est à ce moment qu'il a commencé à gagner avant d'aller jouer d'autres parties et de se mettre à lui-même organiser des soirée poker dans la maison où il vivait.

« Je me suis inscrit à quelques cours à l'Université du Wisconsin l'année d'après mais la vérité c'est que j'avais commencé à travailler sur mon diplôme de poker », a avoué celui qui a finalement fêté ses 21 ans en 1985.

C'est durant l'hiver de son année senior que Phil Hellmuth va faire sa première visite à Las Vegas. Quatre années plus tard, il devenait le plus jeune vainqueur du Main Event World Series Of Poker, un record qui tiendra jusqu'à 2009 et le succès de Joe Cada.

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Warwick University, un campus parmi d'autres... mais le vivier du poker online

Les années 2000 et l'entame du 21e siècle ont été marquées par l'arrivée du poker en ligne. Aussi bien au lycée qu'à l'université, les étudiants ont rapidement été séduits.

Les parties live dans les dortoirs ont évolué et les soirées grind à jouer devant l'ordinateur ont pris de plus en plus de place. Un phénomène accéléré par le fait que la connexion internet était bien plus fiable et rapide sur le campus qu'à la maison.

Plusieurs groupes de joueurs ont émergé, formant ici et là des micro-sociétés dédiées au poker où les étudiants passaient des heures à jouer et à perfectionner leur poker.

Direction l'Angleterre avec par exemple la Warwick University à Coventry. Rupert Elder, Zimnan Ziyard, James Keys, Thomas Partridge, Alex Millar ou encore Andrew Hulme sont passés par cet établissement avant d'accumuler les tables finales et les gains en MTT. Sous le pseudonyme « Statto1 », Hulme vient ainsi de collecter un trophée Spring Championship of Online Poker sur PokerStars !

L'Espagnole Ana Marquez a elle fait ses classes à la American University de Washington. Elle a tellement rasé les autres étudiants qu'elle a monté une bankroll lui permettant d'aller jouer le PokerStars Caribbean Adventure en freeroll !

King Of College, le Lycée pour débuter

La plupart des joueurs professionnels expliquent que le lycée a été un moment important de leur apprentissage du poker, certains ont même décidé de choisir le poker plutôt que d'aller à l'université.

Erik Seidel a passé une année au Lycée de Brooklyn College, il a fait un semestre de plus au Hunter College, pris par sa passion du backgammon. Ce n'est qu'ensuite qu'il a découvert le Mayfair Club (un cercle underground de New York, ndlr) et que le poker est entré dans sa vie.

Numéro 1 de la All Time Money List, Bryn Kenney a lui abandonné le lycée après quelques semaines de cours, histoire de tenter sa chance dans le poker. Daniel Negreanu a appris le jeu en grandissant du côté de Toronto alors que Phil Ivey a lui aussi préféré l'école de la vie au monde des études. Il a trouvé une fausse carte d'identité pour jouer dès la fin de son adolescence dans les casinos d'Atlantic City. Ces trois champions ont donc trouvé un terrain d'expression bien différent des campus lycéens.

Etudiant à l'université de Houston, Johnny Chan a abandonné ses études dans le management hôtelier pour filer à Las Vegas. L'Orient Express ne s'est jamais retourné et après deux succès consécutifs sur le Main Event WSOP, il a fallu l'arrivée de Phil Hellmuth pour le stopper in-extremis dans sa course au triplé !

Comme dans de nombreux domaines, l'éducation académique n'est pas un pré-requis indispensable à une carrière longue et fructueuse. Pourtant, de nombreux joueurs ont profité des études pour se lancer à fond dans le monde du poker.

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