Odds & Outs

Apprenez à maîtriser les outs, la cote du pot et les probabilités associées aux différentes mains de poker, ainsi que vos chances de gagner.
Si votre main n’est pas très avantageuse mais que vous pensez quand même avoir une chance de gagner, vous devez alors décider si vous allez vous coucher ou continuer à jouer.
Dans cet article sur le poker, nous vous expliquons les calculs à faire pour prendre de telles décisions.
- Comment identifier les cartes qui amélioreront votre main (vos « outs »).
- Comment calculer la probabilité (les cotes) de remporter la main.
- Comment calculer vos chances de gagner en tenant compte de la taille du pot, ce qui vous aidera à prendre des décisions mathématiquement fondées.
Les outs
Les outs (que l’on pourrait traduire par « cartes améliorantes » ) sont les cartes qui restent dans le jeu, et qui peuvent éventuellement vous faire remporter le pot à l’abattage.
Voici un premier exemple :
Vous avez A♥ 3♥. Le flop donne 7♥ 9♣ K♥.
Par conséquent, si un autre cœur apparaît à la turn ou à la rivière, vous formez une couleur, et si personne ne réalise un full ou mieux, vous allez remporter la main. Le tableau ne propose pas de paire, ce qui veut dire qu’aucun de vos adversaires n’a déjà un full en main.
Il y a 13 cartes d’une même couleur dans un paquet. Vous avez ici deux cœurs en mains et deux autres sont sur le tableau. Quatre des 13 cœurs ont donc déjà été distribués, ce qui signifie qu’il en reste encore neuf dans le jeu. Dans ce cas, ces neuf cartes sont vos outs.

Voici un autre exemple :
Vous avez J♠ 10♠ et le flop donne 6♣ Q♥ K♥.
Maintenant, seul un As ou un Neuf peut compléter votre quinte. Il y a quatre As et quatre Neuf dans le paquet, ce qui donne donc un total de huit outs.
Si un seul type de carte vous manque pour faire une quinte, alors vous avez quatre outs (par exemple, si vous avez A♥ J♠ sur un flop K♣ Q♥ 7♦, vos outs sont 10♠ 10♣ 10♥ 10♦).
Prenons un autre exemple :
Vous avez K♥ [JH] sur un tableau composé de A♠ 10♦ 2♣.
Une des quatre Dames dans le paquet vous donnera une quinte. Si votre adversaire possède une paire intermédiaire telle que 9♣ 9♥, vous avez alors des outs supplémentaires (Rois ou Valets) qui vous donneront une paire plus élevée.
Dans ce cas, votre nombre d’outs peut augmenter jusqu’à dix (les quatre Dames, les trois Rois et les trois Valets).
Si vous touchez un brelan avec 7♦ 7♥ sur un tableau 2♠ 7♠ J♠, et que vous craignez que votre adversaire ait une couleur, alors ce sont sept cartes qui peuvent vous aider à faire un full ou mieux (ici un Sept, un des trois Deux et un des trois Valets qui restent).
Notez que toucher votre full ne vous fera pas automatiquement gagner la main. Par exemple, si la turn est un 2♦ qui vous donne votre full, un J♣ à la rivière pourrait donner un meilleur full à un adversaire.
Encore un exemple :
Vous avez 6♥ 7♥ sur un tableau 4♥ 5♣ J♥.
Vous avez alors un tirage (votre main est incomplète et sans valeur, mais peut devenir très forte avec des cartes communes favorables), ou plus précisément un tirage quinte par les deux bouts plus un tirage couleur. Cela signifie que vous disposez de neuf outs pour faire une couleur et huit outs pour une quinte.
Rappelez-vous que vous avez compté deux cartes deux fois (ici le 3♥ et le 8♥), qui doivent être soustraites. Au total, 9 + 8 – 2 équivaut à 15 outs.

Les outs cachés
Jetons un œil aux outs cachés, qui sont beaucoup plus difficiles à repérer, car ils n’améliorent pas directement votre main, mais réduisent la valeur de la main de vos adversaires.
Exemple :
Vous avez A♣ K♣ et votre adversaire a 3♥ 3♠.
Le tableau arrive avec J♦ J♠ 5♣ 6♦. Il affiche une paire de Valets – que les deux joueurs partagent. Pour le moment, c’est votre adversaire qui mène avec deux paires (Valets et Trois).
Tout As ou tout Roi qui tomberait à la rivière améliorerait votre main en double paire supérieure et vous ferait remporter le pot : soit trois As et trois Rois pour un total de six outs.
Mais il y a six autres outs cachés. Si un Cinq ou un Six apparaît à la rivière, le tableau afficherait une double paire. Encore une fois, les deux joueurs partagent cette double paire, et c’est ici le kicker qui les départagerait. Or avec votre As comme meilleure carte, vous battriez le kicker Trois de votre adversaire.
Les trois Cinq et les trois Six restants sont donc aussi des outs, même s’ils n’améliorent pas directement votre main, d’où la notion d’outs cachés.
Au total : trois As + trois Rois + trois Cinq + trois Six = 12 outs, dont six sont cachés.

Mais que faire lorsque vous et votre adversaire êtes tous les deux sur un tirage ? Comment cela va-t-il influencer les outs ?
Les outs à décompter
Les joueurs plus expérimentés ne calculent pas seulement leurs outs : ils essaient aussi de savoir quelles mains leurs adversaires détiennent (ou plutôt leur éventail ou range) et si l’une des cartes à venir donnera à l’autre joueur, lui aussi en tirage, une main encore meilleure.
Jetons un oeil à cet exemple de tirage quinte :
Vous avez J♠ 10♠ et le flop donne 6♣ Q♥ K♥.
Nous avons calculé huit outs à ce stade (quatre As et quatre Neuf).
Comment va changer le calcul si votre adversaire a également deux coeurs et se retrouve donc en position de tirage couleur ? Dans ce cas deux de vos outs, c’est-à-dire l’A♥ et le 9♥, donneront à votre adversaire une meilleure main, même si vous touchez votre quinte. Vous devez par conséquent décompter ces deux cartes du nombre de vos outs. Vous ne disposez alors plus que de six outs, ce qui réduit de façon significative votre chance de remporter la main.

Il est en général recommandé d’avoir une approche pessimiste lorsqu’on décompte les outs, car il vaut toujours mieux en retrancher trop que pas assez !
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Probabilités et cotes
Pour calculer la probabilité d’améliorer votre main en utilisant le nombre de vos outs, il existe deux règles très simples à appliquer.
- La probabilité de toucher un out à la turn est de : [votre nombre d’outs] x 2
- La probabilité de toucher un out à la turn et/ou à la rivière est de : [votre nombre d’outs] x 4
Exemple I :
Vous avez un tirage couleur à la turn (neuf outs). La probabilité de toucher ce tirage est [le nombre d’outs] x 2 = [le pourcentage de réussite]. Ainsi : 9 x 2 = 18 %.
Example II :
Vous avez un tirage quinte ventrale (quatre outs) au flop et vous voulez connaître la probabilité de former votre quinte jusqu’à la rivière. Le calcul est le suivant : [le nombre d’outs] x 4 = [le pourcentage de réussite]. Donc: 4 x 4 = 16 %.
Calculer les cotes (odds)
Une probabilité peut être décrite comme un ratio ou une cote, ce qui est très pratique quand on joue au poker.
- Les cotes décrivent le ratio entre la probabilité de gagner et celle de perdre.
- La probabilité de gagner est calculée comme décrite précédemment.
- La probabilité de perdre est donc la suivante :
[probabilité de perdre] = 100 % – [probabilités de gagner]
Dans le prochain paragraphe, nous allons vous expliquer grâce à des exemples comment calculer les cotes et vous fournir également un tableau des cotes de façon à ce que vous puissiez les mémoriser plutôt que d’avoir à les recalculer en permanence.
Exemples de calculs de cotes
Exemple I :
Vous avez A♥ 8♣ sur le tableau K♠ 8♥ 3♣ 2♦.
Vous détenez une paire moyenne et supposez que votre adversaire a la top paire (avec K♣ Q♦ par exemple). Dans ce cas, vous disposez de cinq outs : trois As et deux Huit. La probabilité d’améliorer votre main est de 10 % (5 outs x 2). La probabilité que cette main ne s’améliore pas est donc de : 100 % – 10 % = 90 %.
La cote est donc [la probabilité de perdre] / [la probabilité de gagner]
En nombres : 90 % / 10 %. Cela peut être simplifié (en divisant les deux nombres par 10), ce qui nous donne 9:1 (neuf contre 1).

Exemple II :
Vous avez K♣ Q♦ sur le tableau 10♠ 9♦ 5♣ 3♥.
Vous pensez que votre adversaire possède la top paire (avec A♣ 10♥ par exemple). Dans ce cas, vous disposez de dix outs (trois Rois et trois Dames pour la paire supérieure et quatre Valets pour faire une quinte). Votre chance de l’emporter est donc de 20 % (10 outs x 2). La probabilité que votre main ne s’améliore pas est donc de 100 % – 20 % = 80 %.
La cote est donc la suivante : [probabilité de perdre] / [probabilité de gagner] soit 80 % / 20 %. Ce qui peut être simplifié par 4:1.

Tableau des cotes
Les cotes qui sont d’une importance particulière ou qui apparaissent fréquemment sont en gras. Nous vous recommandons fortement de les mémoriser.
| Outs | Cote Flop / Turn | Cote Flop / Rivière | Exemple |
|---|---|---|---|
| 1 | 45:1 | 22:1 | Brelan inférieur contre brelan supérieur |
| 2 | 22:1 | 11:1 | Petite paire contre paire supérieure |
| 3 | 15:1 | 7:1 | Une overcard |
| 4 | 11:1 | 5:1 | Tirage quinte ventrale |
| 5 | 8:1 | 4:1 | Paire moyenne contre paire supérieure |
| 6 | 7:1 | 3:1 | Deux overcards |
| 7 | 6:1 | 2,5:1 | Tirage quinte ventrale plus une overcard |
| 8 | 5:1 | 2:1 | Tirage quinte par les deux bouts |
| 9 | 4:1 | 2:1 | Tirage couleur |
| 10 | 4:1 | 1,8:1 | Tirage ventral plus deux overcards |
| 11 | 3:1 | 1,4:1 | – |
| 12 | 3:1 | 1,2:1 | Tirage ventral + tirage couleur |
| 13 | 2,5:1 | 1,1:1 | – |
| 14 | 2,4:1 | 1:1 | Tirage quinte plus deux overcards |
| 15 | 2:1 | 1:1 | Tirage couleur plus deux overcards |
La cote du pot
Pour savoir si vous devez vous coucher ou continuer à jouer, vous devrez calculer les cotes comme décrit ci-dessus puis les comparer avec la cote du pot.
La cote du pot est le ratio entre la taille du pot et la mise à laquelle on doit faire face. La taille du pot correspond aux jetons déjà engagés dans le coup, ainsi qu’à toutes les mises déjà faites au cours de ce tour d’enchères.
Si la cote du pot est supérieure aux cotes précédemment calculées, vous devrez suivre (ou dans des cas exceptionnels, relancer). Si la cote du pot est inférieure aux cotes d’amélioration, alors il vaut mieux se coucher.

Exemple I :
Vous avez un tirage couleur max (neuf outs) au flop et le pot s’élève à 4 €.
Votre adversaire mise 1 €. Il y a donc 5 € dans le pot (4 € + 1 €) et cela vous coûtera 1 € pour suivre. La cote du pot est donc de 5:1. D’après le tableau ci-dessus vous avez une espérance d’amélioration de 4:1. Vous devez donc suivre.
Exemple II :
Vous avez un tirage quinte par le ventre (quatre outs) à la turn et 25 € sont déjà engagés dans le pot. Votre adversaire mise 5 €. Maintenant le pot est de 30 € (25 € + les 5 € de la mise de votre adversaire), ce qui fait 5 € pour suivre. Votre cote du pot est de 30 contre 5, soit en divisant par 5 de 6:1. Cependant, d’après le tableau des cotes, votre chance d’améliorer votre main vers une main potentiellement gagnante avec seulement une carte à venir est de 11:1. Votre cote du pot n’est pas suffisante et vous devez donc vous coucher.
Comment jouer face à une mise à tapis
Si vous êtes face à une mise à tapis au flop, vous pouvez faire les mêmes calculs décrits ci-dessus, mais vous devrez également regarder la colonne des cotes du flop jusqu’à la rivière.
Si votre adversaire part à tapis, l’avantage pour vous est que plus aucune mise ne sera possible. Si vous suivez, vous ne verrez pas seulement la turn mais également la rivière sans prendre le risque de perdre plus de jetons.
Exemple :
Vous avez un tirage quinte par les deux bouts (huit outs) au flop. Il y a déjà 50 € dans le pot et votre adversaire part à tapis pour 25 € supplémentaires.
Vous avez donc une cote du pot de 75 contre 25 (50 € plus les 25 € misés par votre adversaire, avec 25 € pour suivre). Simplifions ce rapport à 3:1.
Si vous suivez, vous verrez la turn et la rivière, et d’après la colonne du tableau avec deux cartes à venir, votre chance d’amélioration est d’environ 2:1. Puisque la cote du pot est supérieure, vous devez suivre.
Cotes et outs : conclusion
Pour un débutant, calculer les probabilités et les cotes peut s’avérer difficile et fastidieux.
Mais il faut persévérer, car le jeu en vaut vraiment la chandelle. Si vous jouez sans arrêt des tirages sans tenir compte des probabilités, vous allez perdre de l’argent sur le long terme.
Il y aura toujours des joueurs qui ne respectent pas les probabilités et qui suivent trop souvent. Ces joueurs sont parfois chanceux et prennent quelques pots, mais la plupart du temps ils finissent par perdre et paient cette mauvaise stratégie.
D’un autre côté, l’erreur qui consiste à coucher les mains alors que la cote du pot est favorable est moins courante mais tout aussi dommageable si vous le faites trop souvent. En employant les méthodes décrites dans cet article de manière cohérente, vous éviterez les erreurs et vous aurez un avantage indéniable sur vos adversaires.
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