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3 Raisonnements à Eviter

avril 22, 2020
par PokerStarsSchool

Le poker est un jeu dangereux, bourré de pièges potentiels. Les trois écueils que nous allons voir dans cet article sont les plus communs. Assurez-vous de les éviter.

Rien n’a Changé !

Ce raisonnement se produit quand une carte anodine arrive à la street suivante. Par exemple le flop est K 10 6 et votre adversaire relance votre continuation bet. Vous payez et la turn est le 2, la plus grosse brique qui soit, n’est-ce pas ? Bien sûr, cette carte n’a aucune chance d’avoir changé quoi que ce soit à votre équité contre la range de l’autre joueur. Mais cette équité peut changer quand il mise de nouveau.

Dans la théorie du jeu, il est parfaitement acceptable pour vous de coucher les mains les plus faibles qui sont arrivées jusque-là parce que le fait que la turn n’a rien changé au board n’empêche pas que la range de votre adversaire est restée la même. A vrai dire, le fait qu’il mise de nouveau à la turn réduit sa range à des bluffs avec beaucoup d’équité (comme des tirages couleurs) et de grosses mains en value. Il est commun aux petites limites que les joueurs qui check/raise en bluff le flop avec beaucoup de mains décident d’abandonner s’ils n’obtiennent pas un fold immédiat.

Alors pourquoi le raisonnement « Rien n’a changé » se produit ? Il vient d’une erreur de langage. Cette pensée est souvent accompagnée par quelque chose comme : « si j’avais raison de payer au flop, je suis toujours bien ». Les joueurs peu expérimentés pensent que leur job est de décider s’ils ont la meilleure main ou pas. Comme si le poker était un exercice de clairvoyance. En réalité, un tel jugement est souvent contredit par des preuves évidentes et vous devriez douter du talent d’un joueur quand il dit des choses comme « je pense que j’ai la meilleure main ».

 

Une meilleure façon de dire les choses serait : « Je pense que j’ai une équité suffisante pour payer contre sa range. » Dire les choses de cette façon laisse de la place pour admettre que « j’avais suffisamment d’équité pour payer au flop, mais maintenant qu’il mise de nouveau, je pense que mon équité a considérablement chuté ». Cette prise de conscience fait disparaître le mythe qu’il serait contradictoire de payer au flop puis de fold sur une brique à la turn. Développer la bonne sémantique est la clé pour éviter des raisonnements piégeux. Le mot important est « range », pas « main ». Les ranges changent en fonction de l’action, pas des cartes qui tombent.

Je Mise Parce que je Pense que je suis Devant

Pour commencer, on ne « pense pas être devant ». On dit plutôt qu’on pense être devant la range de notre adversaire, ou bien nous pensons être devant « la plupart du temps ». Si vous me demandez combien de pâquerettes j’ai dans mon jardin, vous répondre 87 reviendrait à essayer de deviner. D’un autre côté, si je vous donne une réponse approximative comme « entre 50 et 1 000 », je ne suis pas en train de deviner du tout. Je mets mon jardin sur une range de pâquerettes, tout comme vous devriez mettre vos adversaires sur une range de mains.

Deuxièmement, même si nous sommes confiants sur le fait que nous sommes devant la range de notre opposant, ce n’est toujours pas une bonne raison pour miser. Une mise doit avoir un but.

Une mise peut être en value si nous sommes assez confiants d’être devant la range de l’autre joueur quand il paye. Cette mise peut aussi être pour protection si nous pensons qu’elle peut faire coucher un certain nombre de mains qui ont des outs contre la nôtre. Miser une main forte qui ne se comporte pas très bien quand on est payé est en revanche une grosse erreur la plupart du temps. Alors d’où vient l’erreur de dire « je mise parce que je pense que je suis devant » ?

Ce mauvais raisonnement vient du fait que beaucoup de joueurs débutants rendent le poker trop simple en le résumant à « qui a le plus gros bâton ? ». C’est une manière de raisonner très instinctive dans la vie mais qui démontre un processus de réflexion trop limité.

J’Essayais de Représenter ______ ?

Cette phrase se termine souvent par une des scare cards qui vient de tomber sur le board. « La couleur » et « l’as » sont de loin les exemples les plus communs. Ici, le joueur débutant joue le rôle de l’imitateur. Il adapte ses actions à ce qui serait le comportement (d’après lui) de quelqu’un qui vient de toucher le board. Le problème est que les imitations sont bonnes quand on sait à l’avance comment elles seront interprétées. Je peux imiter un bon accent de Liverpool et voir un habitant de la ville reconnaître ce dialecte, voire penser que je suis moi aussi de cette ville. Le problème c’est que ça ne marchera pas avec un chien ou une personne du Sri Lanka car aucun des deux ne sait à quoi ressemble l’accent de Liverpool.

Essayer de représenter la couleur revient à imiter cet accent face à un public inconnu. Les bons jours, votre adversaire interprétera votre mise comme « il doit avoir la couleur ». D’autres jours, il pourra penser « il essaye de me bluffer ». Dans certains cas, votre adversaire pourrait ne pas réfléchir du tout ! Son processus de réflexion pourrait ressembler à « mouais, je paye ». Quel genre d’imitation, aussi convaincante soit-elle, pouvez-vous tenter contre un joueur aussi décérébré ?

Le but est de comprendre que représenter des choses n’est efficace que quand il y a de fortes chances pour que votre opposant ne détienne pas beaucoup de mains fortes et que vous pensez qu’il va analyser votre action comme vous le pensez. Voilà pourquoi le poker online est rempli de tentatives manquées de « représenter le/la ____ ». Trop d’adversaires sont simplement de complets inconnus.

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