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Analyse : qui sont les vrais joueurs stars ?

26 juin 2018
4 min

Lorsqu’une équipe entre en jeu en Coupe du monde, ses supporters n’ont en général d’yeux que pour un seul homme : la star capable de faire basculer un match.

L’Argentine a Lionel Messi, le Brésil a Neymar. Cristiano Ronaldo a une nouvelle fois fait les gros titres avec son magnifique triplé lors du match nul 3-3 du Portugal contre l’Espagne. Quelle que soit l’admiration qu’on leur porte, ce statut de joueur star pose deux questions-clés. Premièrement, à quel point sont-ils importants pour leur équipe ? Et deuxièmement, y a-t-il aussi un second joueur à garder à l’œil ?

TOUTES EQUIPES CONFONDUES

Quand on applique cette grille d’analyse à l’ensemble des équipes qualifiées pour la compétition, on trouve en tête des joueurs les plus impliqués dans les buts de son équipe un nom plutôt inattendu : Victor Moses le Nigérian, impliqué dans les ¾ des situations dangereuses de son équipe, soit un taux qui le place juste au-dessus de Cristiano Ronaldo lui-même.

La star du dernier mondial, James Rodriguez complète le podium, étant impliqué dans les 2/3 des occasions de la Colombie. Il est suivi par le péruvien Jefferson Farfan exæquo avec le danois Christian Eriksen, Raheem Sterling, l’Anglais, pointe en 5ème position.

D’une manière intéressante on constate que 7 des 10 premiers sont davantage des créateurs que des finisseurs, ce qui semble signifier qu’on ne peut dominer dans une équipe sans posséder de sens collectif. Sans surprise, Cristiano Ronaldo est une des trois exceptions, les deux autres étant Farfan déjà cité, et l’Iranien Sardar Azmoun. Ces trois-là ont davantage profité des situations créées par leurs équipiers qu’ils ont eux-mêmes provoqué des situations dangereuses.

LES FAVORIS

Regardons désormais ce qu’il en est chez les principaux favoris du tournoi. Sans surprise, pour le Brésil, Neymar est le top player : 61% des situations dangereuses de son équipe le concernent. Il devance de loin Gabriel Jesus et Willian, dont les contributions sont proches des 50 %.

En France, c’est Kylian Mbappe qui fait la différence avec un profil très proche de celui de Neymar. Pour les Allemands, l’avant-centre Timo Werner reste la pièce centrale de leurs attaques, avec sur les matchs récents, une contribution notable de Thomas Müller.

Un fait particulier est apparu en analysant le profil de l’Espagne avant le tournoi. Le joueur de Manchester City David Silva avait un rôle offensif en sélection plus important que celui qu’il tient en club. Avec la Roja, il joue davantage vers l’avant et s’avère le joueur espagnol le plus dangereux.

Club vs équipe nationale

Pour les joueurs évoluant dans les 5 grands championnats, nous nous sommes intéressés aux différences entre les performances des joueurs en club et en sélection, afin d’observer si leur contribution offensive augmentait ou baissait avec l’un ou l’autre de leur maillot.

Victor Moses est à nouveau en tête de liste de ceux qui affichent une plus grande influence en sélection qu’en club : il est un joueur trois fois plus central dans les offensives du Nigéria qu’il l’est à Chelsea. Les joueurs du Real Madrid, Luka Modric et Toni Kroos sont les deux autres joueurs à afficher un taux d’efficacité offensive de moitié supérieur en sélection qu’en club. Leurs effectifs en sélections étant « moins galactiques » qu’au Real, ils sont forcément amenés à prendre une part prépondérante au jeu en jouant pour leur pays

Renvoyé à la maison par sa sélection, Nikola Kalinic ne donnera pas trop de regrets aux supporters croates, car, avec Koke de l’Atletico Madrid, il forme le duo de tête des joueurs plus impliqués offensivement en club comme en sélection.

Les suivent dans le carré de tête le Marocain Nordin Amabrat et le Danois Pione Sisto, eux aussi de moitié moins impliqués dans les actions dangereuses de leurs équipes en sélection qu’ils le sont en club.

En Angleterre on retrouve à nouveau Raheem Sterling qui fait un bon d’implication dans les situations dangereuses de 46.8 % sous le maillot de City à 63.9 % quand il représente son pays. Harry Kane demeurant par ailleurs le seul attaquant des Three Lions moins impliqué en sélection qu’en club.

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