Home / Strategy / Stratégie de 4-bet au poker : ranges pré-flop, sizing et profondeur des stacks

Stratégie de 4-bet au poker : ranges pré-flop, sizing et profondeur des stacks

mai 29, 2026
par PokerStarsSchool
Stratégie de 4-bet au poker

L’adoption d’une bonne stratégie de 4-bet est l’un des éléments qui distinguent un jeu pré-flop réfléchi d’un jeu purement réactif.

Lorsqu’un joueur ouvre et qu’un autre répond par une surrelance (le 3-bet), l’action peut s’intensifier encore et, comme vous l’imaginez sans doute, cette nouvelle relance est un 4-bet.

Ce guide détaille le 4-bet pré-flop, les mains qui composent généralement une range de 4-bet, la manière dont la taille de la relance varie en position et hors position et de quelle façon la profondeur de stack change complètement la donne, tant en cash game qu’en tournoi.

Jouez au poker en ligne sur PokerStars

Créez gratuitement un compte PokerStars et jouez en ligne.

Jouez sur PokerStars

Qu’est-ce qu’un 4-bet au poker ?

Au poker, les mises sont numérotées selon l’ordre dans lequel elles apparaissent dans la séquence, et le décompte commence par la blind et non par la première relance, ce qui pour certains, donne l’impression que la terminologie garde une longueur d’avance sur l’intuition.

La grosse blind compte comme la première mise de la main : même si elle est subie plutôt que choisie, elle ne fait pas moins partie de la séquence.

Ainsi, la relance d’ouverture est le 2-bet, la première surrelance est le 3-bet et le 4-bet pré-flop est la deuxième surrelance, c’est-à-dire la relance qui surenchérit sur un 3-bet. Une nouvelle surrelance serait le 5-bet qui, avec des profondeurs de stack habituelles, est généralement un all-in.

En pratique, un joueur ouvre depuis la position de cut-off (le 2-bet), le bouton surrelance (le 3-bet) et le joueur qui a ouvert relance à nouveau. Cette dernière relance est le 4-bet.

Ce décompte ne s’applique qu’avant le flop, car il dépend des blinds. Après le flop, il n’y a plus de mises obligatoires et la numérotation recommence de ce fait à zéro.

À la table, les joueurs parlent simplement de mise, de relance et de surrelance, au lieu de reporter le compte du pré-flop sur une nouvelle street.

Le cold 4-bet (4-bet « froid» ) est un coup similaire, mais distinct : il se produit lorsqu’un joueur effectue un 4-bet sans avoir volontairement misé de jetons plus tôt dans la main.

Par exemple : un joueur ouvre, un deuxième fait un 3-bet, et un troisième, qui n’avait pas encore agi, surrelance les deux. Comme ce troisième joueur entre dans le pot « à froid », directement avec un 4-bet, cette action signale généralement un éventail de mains (range) particulièrement fort et serré.

Headers_Pokerstars_Learn_2500x582_v5

Apprendre les stratégies du poker

Consultez nos guides stratégiques PokerStars pour en savoir plus sur la position, les gammes de mains et la prise de décision à la table.

Stratégie de poker

Pourquoi le 4-bet est-il important pour le jeu pré-flop ?

Quiconque a suffisamment joué au poker sait que la situation se tend dès qu’un 3-bet apparaît.

Les pots grossissent, les éventails de mains se resserrent et le coût d’une erreur augmente. Un 4-bet modifie encore cette dynamique : il permet à une main forte de construire le pot au lieu de se contenter de suivre, et prive l’auteur du 3-bet de la possibilité de voir un flop à moindre coût avec des mains qui auraient réalisé leur équité.

L’idée centrale derrière une range de 4-bet moderne est la polarisation. Au lieu d’être composée de mains de force moyenne, une range de 4-bet contient généralement deux groupes très différents :

  • des mains suffisamment fortes pour vouloir mettre tous les jetons au pot avant le flop ;
  • un ensemble plus restreint de mains utilisées comme bluff, qui préfèrent que l’adversaire passe.

Les mains qui se situent entre les deux (toutes celles que l’on considère comme trop fortes pour être utilisées en bluff, mais trop faibles pour jouer pour les stacks entiers) sont en règle générale celles qui s’en sortent le moins bien dans un gros pot avec 4-bet ; c’est pourquoi elles ont tendance à suivre ou à se coucher.

Comment construire sa range de 4-bet

Comme la range est polarisée, il est utile de raisonner en deux catégories : les mains pour la valorisation et les mains de bluff. C’est en gardant les mains de force moyenne hors du 4-bet et dans la range de call que l’on obtient un 4-bet équilibré.

Mains de valorisation pour faire un 4-bet

Le cœur de la range de mains pour la valeur est la partie la plus simple. Les As et les Rois se jouent presque toujours en 4-bet. Vous voulez jouer pour les stacks et vous avez peu à gagner à limiter la taille du pot.

Au-delà de AA et KK, le palier suivant regroupe QQ et AK, et ici, la position et l’adversaire pèsent lourd.

Hors position, faire un 4-bet avec ces mains évite les situations post-flop délicates et permet de tirer parti de leur équité brute. En position, suivre peut parfois être plus intéressant, car garder en jeu une range adverse dominée et conserver la position être plus avantageux que de relancer à nouveau. Plus l’éventail de 3-bet de l’adversaire est large et agressif, plus ces mains penchent vers un 4-bet pour valorisation.

L’éventail de value s’élargit également selon les positions en présence. Face à un 3-bet depuis les blinds (qui ont tendance à faire des 3-bets avec une range large), le bouton peut tranquillement faire un 4-bet de valorisation jusqu’à environ TT+ et AK.

En revanche, face à un 3-bet serré et orienté valeur (par exemple, un joueur en début de parole effectuant un 3-bet sur l’ouverture d’un autre joueur en début de parole, ou un adversaire serré qui en fait autant depuis n’importe quelle position), la range pour valorisation se resserre à nouveau vers les mains premium.

Choisir ses bluffs de 4-bet : les bloqueurs avant l’esthétique

Un bon bluff en 4-bet ne se choisit pas en fonction de sa force apparente, mais de ce qu’il retire de la range adverse.

De nombreux joueurs expérimentés considèrent que les candidats les plus fiables sont les petits As assortis : A5s, A4s, A3s, A2s. Si vous connaissez les bases du classement des mains au poker, vous savez qu’ils fonctionnent pour plusieurs raisons à la fois :

  • ils contiennent un As, ce qui bloque les combinaisons AA et AK (les mains les plus susceptibles de continuer) ;
  • ils conservent une équité exploitable lorsqu’ils sont suivis, avec un potentiel de quinte et de couleur bien dissimulé ;
  • ils ont tendance à être plus rentables en 4-bet occasionnel qu’en flat-call (suivi à plat), surtout hors position : les transformer en bluffs est donc la meilleure façon de les exploiter.

De manière plus générale, les mains Ax assorties suivent la même logique de bloqueur.

Certaines mains Kx assorties, comme K8s, apparaissent également comme des bluffs occasionnels, bien qu’elles aient une valeur de bloqueur plus faible (un Roi bloque KK et AK, mais pas les As) et sont donc utilisées avec beaucoup plus de parcimonie que les petits as.

C’est pourtant là que se niche une erreur courante.

Les broadways assortis, comme KJs et QJs, semblent tentants mais, dans la plupart des situations, ils sont plus rentables en call qu’en 4-bet en bluff : ils sont en effet dominés par une grande partie de la range adverse qui continuera, et ne font généralement passer que les mains qu’ils battent déjà, tout en étant suivis par les mains qui les battent.

La même prudence s’applique aux mains qui se situent dans une zone inconfortable (trop fortes pour servir de bluff, trop faibles pour jouer pour les stacks entiers), qui fonctionnent généralement mieux en call qu’en 4-bet.

Sizing du 4-bet : de combien relancer

L’objectif du sizing (ajustement de la taille de votre mise) est de mettre en difficulté la range avec laquelle l’adversaire continue après le 3-bet : suffisamment gros pour le priver d’une cote confortable, suffisamment petit pour que le fold ne soit pas automatique.

Un 4-bet trop petit offre à une large range les cotes nécessaires pour continuer à moindre coût ; un 4-bet trop grand offre à l’adversaire un fold facile avec tout ce qui n’est pas le haut de sa range.

En règle générale, un 4-bet se situe entre environ x 2,2 et x 2,8 la taille du 3-bet, et c’est la position qui détermine où il se situe dans cette fourchette.

Sizing en position

Avec l’avantage d’agir en dernier après le flop, le 4-bet peut être plus petit, de l’ordre de x 2,2 à x 2,3 le 3-bet.

Dans une situation de cash game à 100 grosses blinds, face à un 3-bet de 11 BB, un 4-bet d’environ 25 BB (x 2,3) oblige l’adversaire à investir 14 BB supplémentaires pour espérer un pot final d’environ 53 BB, soit un peu plus de 26 % d’équité nécessaire.

C’est un chiffre gênant pour une bonne partie de la range de 3-bet adverse, et c’est précisément le but recherché.

Sizing hors position

Hors position, le 4-bet est généralement plus important (quelque chose comme x 2,5 à x 2,6 le 3-bet) pour compenser le désavantage d’agir en premier après le flop.

Dans une situation comparable de 100 BB (cette fois avec un 3-bet provenant d’un joueur en position, d’où sa taille plus modeste de 7,2 BB), un 4-bet d’environ 18 à 19 BB (x 2,5-x2,6) convient bien.

Le multiplicateur plus élevé reflète le fait qu’un adversaire en position réalise plus facilement son équité, si bien que rester dans le coup doit lui coûter plus cher.

Adapter sa stratégie de 4-bet à la profondeur des stacks

La profondeur des stacks influence l’approche plus que quasiment tous les autres éléments.

Profondeur de stack Type de 4-bet Mains à valeur Range de bluff
Profonds : ~80–100+ BB Relance sans all-in AA, KK, QQ, AKs, AKo Large : range polarisée. La fold equity élevée justifie les bluffs.
Moyens : ~40–60 BB Relance sans all-in
ou all-in
AA, KK, AKs → relance
QQ, AKo → souvent all-in
JJ, TT → décision mixte
Réduite aux meilleurs bloqueurs (A5s, A4s)
Courts : ~20–30 BB All-in uniquement AA, KK, QQ, AKs, AKo. Range linéaire, orientée valeur Quasi inexistante

Stacks profonds (environ 80-100+ grosses blinds)

C’est là que les ranges totalement polarisées fonctionnent le mieux. Les 4-bets qui ne sont pas des all-in sont la norme. Il y a de la place pour les bluffs, car la fold equity (équité de faire coucher) est importante et le jeu post-flop compte encore ; même les mains les plus fortes préfèrent généralement une relance à un all-in.

Un all-in avec des As à cette profondeur de stacks n’est généralement suivi que par les quelques mains suffisamment fortes pour continuer, de sorte qu’il n’ajoute pas grand-chose à ce qu’une relance contrôlée apporterait déjà.

Stacks moyens (environ 40-60 grosses blinds)

Ici, le 4-bet all-in devient une option courante, au même titre qu’une relance plus modeste.

Dans un exemple de tournoi à 50 BB, AA, KK et AKs optent pour un 4-bet sans all-in, tandis que QQ et AKo vont plus souvent all-in.

Un petit 4-bet avec ces mains compromettrait une part trop importante du stack pour pouvoir passer sereinement ensuite. La range de bluff se réduit aux meilleurs bloqueurs, comme A5s et A4s, et des mains comme JJ et TT deviennent des décisions mixtes, plutôt qu’automatiques.

Stacks courts (environ 20-30 grosses blinds)

À cette profondeur, le 4-bet revient essentiellement à un all-in, car toute mise plus petite engagerait une part trop importante du stack et rendrait la situation injouable en cas de call.

La range devient plus linéaire et orientée valeur, et les 4-bets en pur bluff disparaissent pratiquement : avec un stack aussi court, la fold equity à elle seule justifie rarement le risque.

Un repère utile : dès lors qu’un 4-bet de taille normale compromet une grande partie du stack effectif (souvent bien avant la moitié), il devient très difficile de justifier un fold face à un all-in par-dessus ; faire tapis est donc généralement l’option la plus simple.

Erreurs courantes à éviter avec le 4-bet

Erreurs courantes à éviter avec le 4-bet
  • Sizing trop petit. Un 4-bet à peine plus gros que le 3-bet donne à une large range de 3-bet les cotes nécessaires pour continuer, ce qui vide la relance de son sens.
  • Faire un 4-bet avec des mains de force moyenne. Les mains trop fortes pour bluffer et trop faibles pour engager tout le stack (cet entre-deux) ont tendance à perdre de la valeur dans des pots gonflés. Leur place se trouve généralement plutôt dans la range de call.
  • Ignorer la profondeur des stacks. Utiliser un sizing prévu pour une profondeur de 100 BB avec 40 BB de stack, ou avec un éventail conçu pour stack profond quand on est court, conduit à des ratios stack/pot inconfortables et à des situations où l’on est engagé, mais sans certitude.
  • Bluffer contre le mauvais adversaire. Un bluff en 4-bet dépend de la fold equity. Contre un joueur qui passe rarement face à des 4-bets, les bluffs n’ont plus leur place dans la range, qui se recentre alors sur les mains pour la valeur.
  • Ne pas avoir de plan s’il y a call. Un 4-bet qui est suivi reste un coup à jouer. Le choix de mains qui conservent de l’équité et qui se jouent bien post-flop est tout aussi important que la décision pré-flop.


Prêt à jouer au poker en ligne ?

Faites votre choix parmi les cash games, les Spin & Go, les tournois et bien plus encore !

Jouez au poker en ligne sur PokerStars

Créez gratuitement un compte PokerStars et jouez en ligne.

Jouez sur PokerStars

Foire aux questions sur le 4-bet

Qu’est-ce qu’un 4-bet au poker ?

Un 4-bet est la deuxième surrelance dans un tour d’enchères, qui survient presque toujours avant le flop. Dans l’ordre : la première relance d’ouverture est le 2-bet, la première surrelance est le 3-bet, et le 4-bet est la relance qui surenchérit sur ce 3-bet.

Avec quelles mains envisager un 4-bet ?

Une range de 4-bet est généralement polarisée. La partie « value » est dominée par AA et KK, avec QQ et AK qui s’y ajoutent en fonction de la position et de l’adversaire, et peut s’étendre jusqu’à TT+ contre des ranges de 3-bet larges.

La partie bluff est principalement constituée de petits As assortis (A5s–A2s) et d’autres mains à forte valeur de bloqueur, plutôt que de mains de force moyenne.

Quelle doit être la taille d’un 4-bet ?

Le sizing dépend de la position. En position, un 4-bet d’environ x2,2×2,3, le 3-bet est courant ; hors position, on observe plus généralement un sizing de l’ordre de x2,5-x2,8, afin de compenser le désavantage de position.

L’objectif est de rendre la décision de continuer vraiment difficile pour l’adversaire.

Quand faut-il faire un 4-bet all-in plutôt qu’une relance plus petite ?

C’est la profondeur des stacks qui décide. Avec des stacks profonds, la norme est un 4-bet qui ne fait pas all-in.

À mesure que les stacks s’amenuisent (autour de 40-60 BB et surtout en dessous de 30 BB), partir à tapis devient la norme, car un 4-bet plus petit compromettrait trop le stack pour pouvoir ensuite permettre une décision confortable en cas de call.

Articles liés

Dernies articles

Apprenez le poker avec Pokerstars Learn, entraînez-vous avec l’appli PokerStars