La France de l’Euro 2000 : une victoire dorée
Il y a pile 20 ans aujourd’hui, la France décrochait le titre de championne d’Europe grâce à un but en or de David Trezeguet. Pour fêter cet anniversaire, on plonge dans les archives de la performance pour mettre en lumière les éléments clés de leur triomphe.
Une victoire arrachée
Si la France de 2000 est souvent considérée comme la meilleure de l’histoire du pays, on oublie parfois que son chemin vers la finale n’a rien eu de confortable ou de dominant. Mis à part une victoire 3-0 contre un Danemark qui a perdu ses trois matchs de groupe, ses cinq autres matchs se sont tous joués à un but d’écart, avec une demi-finale et une finale disputée en prolongation.
Alors, comment cette équipe est-elle entrée dans la légende ?
Défense et attaque : deux visages
En comparant les succès majeurs des Bleus grâce aux expected goals (xG), certains contrastes apparaissent. Le sacre de 1998 reposait sur une défense solide n’ayant concédé que 0,35 xG par match, hors tirs au but. Soit l’équivalent d’environ un but tous les trois matchs. Cette défense de fer, incarnée par le quatuor Thuram, Desailly, Blanc et Lizarazu, qui n’avait jamais été battue lorsqu’elle était alignée (22 victoires, 6 nuls en 28 rencontres). Elle avait joué un rôle clé avec le but en or de Blanc contre le Paraguay ou le doublé de Thuram en demi-finale face à la Croatie. La solidité défensive fut la clé du succès des Bleus en 1998.
Une attaque redoutable
L’attaque française a été la clé de son succès. Zinedine Zidane et Thierry Henry ont formé un duo d’attaque imparable, qui a marqué huit buts à eux deux. Zidane a été élu meilleur joueur du tournoi, et Henry a été le meilleur buteur français.
Des remplaçants décisifs
Sylvain Wiltord et David Trezeguet ont été les remplaçants qui ont fait la différence. Wiltord a marqué deux buts et délivré une passe décisive, tandis que Trezeguet a inscrit le but en or de la finale.
Comme pour Zidane, la finale d’Henry a peut-être été à oublier, mais une future superstar était en train de se faire. Il accumulera 51 buts et 27 passes décisives pour la France, le joueur le plus prolifique que les Bleus aient jamais produit.
Les super-remplaçants
Si Zidane et Henry ont accaparé la plupart des feux de la rampe, ce sont les remplaçants offensifs de la France qui ont fait la différence en finale, un point que nous avons abordé dans notre article du mois dernier sur les histoires oubliées de l’Euro 2000.
Sylvain Wiltord, qui rejoindra bientôt Henry sous le maillot d’Arsenal, n’a joué que trois heures sur le terrain pendant le tournoi, mais a inscrit deux buts et une passe décisive, une implication toutes les 60 minutes, meilleure que tout autre joueur français. On pourrait ajouter la main d’Abel Xavier en demi-finale au palmarès de Wiltord – son tir a forcé les Portugais à arrêter illégalement le ballon, offrant à la France le penalty crucial et le Golden Goal qui a suivi.
Histoire du but en Or
Dans le même genre, David Trézéguet n’a débuté aucun match à élimination directe mais a tiré le meilleur parti de son apparition surprise dans le match d’exhibition.
Après 93 minutes, Trézéguet talonne le long ballon de Barthez. Fabio Cannavaro ne peut empêcher le ballon d’atteindre Wiltord, dont le contrôle de poitrine exquis et la finition du pied gauche envoient le match en prolongation. Wiltord ne trouvera plus jamais le chemin des filets lors de ses 13 prochains matchs de grands tournois. Opportun.
Alors que les Italiens sont encore sous le choc, Robert Pires – le troisième remplaçant ce jour-là – réussit la meilleure récupération, le dribble et la remise en retrait de sa carrière pour installer le futur hitman de la Juventus, Trézéguet. Le reste appartient à l’histoire.
Voilà les secrets d’une victoire sensationnelle.
